BD tout azimut

Photo : François Hogue ®

Photo : François Hogue ®

Quatre bandes dessinées. Quatre univers. Dans la première, nous suivons les méandres d’un esprit frustré qui voudrait être célèbre, mais qui se révèle un minable.

La seconde bande dessinée nous emmène aux confins du paranormal avec des présumées enquêtes du FBI non classées. Relèvent-elles seulement de l’imagination de l’auteur ?

La troisième bande dessinée est en fait un roman graphique. Un vrai. Avec du texte romanesque et des illustrations qui font avancer l’intrigue. De jeunes héros mythiques des États-Unis vivent leurs premières aventures.

Enfin, le quatrième album est fait pour faire rire ou sourire. Il raconte les aventures quotidiennes de deux soeurs très différentes

J’ai tué John Lennon

lennonMark Chapman, ça vous dit quelque chose ? Celui qui s’est rendu célèbre en abattant une célébrité. Le scénariste Rodolphe a tenté de « dresser le portrait, les divagations et les délires d’un assassin… »

Dès les premières pages, il nous offre le portrait d’un homme frustré par la non-gloire qui ternit sa vie. Non seulement est-il pétri de frustration, mais de plus, il est mythomane.

La BD débute le 6 décembre, au moment où Chapman pose le pied à New York. Le scénariste a imaginé tout un délire où les Beatles sont omniprésents. Ils ne sont pas les seuls : Holden Caufield aussi, le héros de L’attrape-cœurs, le roman-culte de J.D. Salinger, pour lequel Mark Chapman éprouve une passion-identification.

Mais le véritable drame de Chapman, c’est la solitude. Il voudrait être une star, entouré, choyé. Aujourd’hui, il pourrait se présenter à America got talent et se ridiculiser à souhait. Ce gars-là, c’est un rien du tout. Un anonyme perdu dans la foule des anonymes. Il le sait.

Le soir du 8 décembre, il attend à l’entrée du Dakota, immeuble qu’habite Lennon. Chapman a vu la vedette sortir plutôt dans la journée. Il attend qu’elle rentre. Il lui tire dessus.

Le scénario de Rodolphe suit les divagations de Mark Chapman, entrecoupées de séquences avérées par l’histoire. Ces divagations, parce qu’elles nous font pénétrer dans le cerveau d’un déséquilibré, constituent le véritable intérêt de l’album. Quant au dessin, c’est une ligne classique : tracé net, bien défini. Les aplats sont légèrement ombrés. Pour les couleurs, le dessinateur adopte différentes stratégies selon l’ambiance à créer : fumées par un jour d’hiver, clairs dans un studio de télévision, sombre pour souligner la solitude du protagoniste.

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J’ai tué John Lennon

Scénario de Rodolphe

Dessin et couleurs de Gaël Séjourné

Vents d’Ouest, Grenoble, 2016, 54 pages

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The X Files Archives # 1

x-filesVoici un gros album de bande dessinée, de format moyen, sur les affaires soi-disant non classées du FBI. Il comprend six histoires mettant en vedette les agents Mulder et Scully.

La première intrigue tourne autour du vol de la troisième prophétie de Fatima. Sa lecture avait terrassé Jean XXIII. Voilà qu’on l’a volé. Qui ? Pourquoi ? Les agents Mulder et Scully pourront-ils la récupérer ?

La deuxième intrigue est liée à un événement survenu en 1948 à Neola, au Kansas. Un vaisseau spatial a-t-il atterri, comme l’ont prétendu des témoins ? Ils étaient cinquante-quatre, il n’en reste plus que quelques-uns qui se souviennent. C’est là le problème pour l’armée.

La troisième intrigue est la suite de la précédente. Mulder est contacté par le lieutenant-colonel Dunne pour qu’il vole des informations au Pentagone. Mulder a un point faible : sa sœur. Celle-ci a disparu quand Mulder était enfant. Dunne, prétend-il, pourrait la lui ramener.

Étrange ce qui se passe au Nouveau-Mexique. On y retrouve le cadavre d’un scientifique russe mort récemment, mais dont le carbone 14 marque qu’il a 15 000 ans. Les agents Mulder et Scully, après quelques péripéties, découvrent un lieu étrange, qui renferme une Entité.

Dans la cinquième intrigue, Mulder est fait prisonnier par des agents vêtus en noir. Pendant ce temps, Scully tente de comprendre ce que dit un vieil homme. Grâce à un linguiste, elle apprend qui il est et ce qu’il veut. Mais une menace plane.

Mulder se retrouve devant un groupe qui veut maîtriser l’Entité entrevue dans la quatrième intrigue. Elle accumule de l’énergie. Tout périt sur son passage. Mais le vieil homme détient un cristal. Qu’en fera-t-il ? Et ce cristal sera-t-il efficace pour contrôler l’Entité ?

Ce sont histoires étranges, qui nous font verser dans le paranormal. Seuls semblent réels les agents Mulder et Scully. Ces histoires satisferont les amateurs de fantastique.

Quant au dessin, il est à la fois réaliste et sombre, aussi sombre que les histoires de manipulation racontées dans cette BD.

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The X Files Archives # 1

Scénario  de Stefan Petrucha

Dessin de Charlie Adlard

Couleur de George Freeman et Laurie E. Smith

Comics Glénat, Grenoble, 2016, non paginé

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La société secrète des superhéros

superherosVoici un roman graphique comme je les aime.  Pas une BD. Non, un roman, autrement dit du texte, accompagné d’illustrations qui font avancer l’intrigue. Bruce Wayne a été accepté à l’Académie Ducard. Mais sa première journée d’école ne s’est pas déroulée comme il s’y attendait. Il trouve qu’il s’y passe des affaires louches.

Il a vu une fille voler dans les airs, des clowns et des ninjas. Bruce n’est pas le seul à remarquer qu’il se passe des choses bizarres dans cette académie. Avec Clark Kent et une fille Diana Prince, ils décident d’enquêter sur leur école. Leurs premiers pas ne donnent pas les résultats escomptés. Leurs deuxièmes missions ne sont pas plus réussies.

Mais une piste s’annonce : Nanda Parbat. Qu’est-ce que ça veut dire ? Un désaccord entraîne la dissolution du trio enquêteur. Sauf qu’un incident réconcilie Bruce et Clark.

Bruce est renvoyé de l’école pendant une semaine. Il perd contact avec Diana et Clark. Quand il les retrouve, il ne les reconnaît pas. Ils ont subi un lavage de cerveau par le biais d’un casque.

Ils décident de s’en emparer. Le trio réussit à démasquer le méchant et son projet. Mais… il a affaire à plus fort que lui.

Le texte invente une jeunesse à trois héros imaginaires des Américains : Batman, Superman et Wonder Woman. Le récit est inventif, amusant, intriguant. Les illustrations se résument à des lignes, dont les formes sont plus ou moins ombrées. Ce qui fait la force de l’album, c’est la conjugaison des deux.

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La société secrète des superhéros

Texte original de Derek Fridolfs

Illustrations de Dustin Nguyen

Texte français d’Isabelle Allard

Éditions Scholastic, Toronto, 2016, 175 pages

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Les Sisters 11 – C’est dans sa nature

sistersMarine est la cadette de Wendy. Elle a, disons, six/sept ans, et Wendy, quatorze/quinze.

Quand Wendy est née, ses parents ont planté un arbre dans la cour, un prunus éventail. Aussi Marine est-elle jalouse parce qu’elle n’a pas d’arbre à elle. L’arbre de Wendy fait l’objet de nombreuses négociations – de nombreuses planches – entre les sisters. Wendy n’entend pas céder un millimètre de son arbre à sa petite sœur.

Et Marine, bon c’est Marine, une enfant exubérante, enjouée, remplie de l’énergie d’une tornade. Elle cherche tous les moyens de ravir à sa sœur l’exclusivité de son arbre. Elle a beau faire, elle ne touchera pas à l’arbre de sa grande sœur. Celle-ci invente même un gros monstre qui s’éveille quand on malmène les arbres.

L’autre thème de cet album, c’est le journal intime de Wendy. Marine voudrait bien le lire. Et elle trouve toute sorte de moyens pour arriver à ses fins. Toutefois, elle subit souvent une déconvenue comme, par exemple, quand elle cherche le dit journal qui se trouve dans sa propre chambre avec ses livres de bébé.

Ces deux thèmes majeurs ne sont pas les seuls. Wendy veut repeindre sa chambre. Marine veut l’aider. C’est la catastrophe ou, alors, la rigolade et même le malentendu. D’autres thèmes : la vie d’une adolescente avec les amies, l’amoureux, les surprises faites aux parents qui les épuisent.

Toutes les histoires sont irrésistibles de drôleries, charmantes et touchantes. Il n’y a aucune méchanceté entre les sisters, seulement le combat normal de la sororité. Le lecteur rit, sourit, mais jamais ne trouve que les auteurs vont trop loin.

Le dessin est celui d’un univers rose bonbon où rien n’est grave ni tragique. Ça fait du bien en ces temps moroses où la marionnette à houpette jaune-orange pourrait devenir, ce soir, le président des États-Unis.

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Les Sisters 11 – C’est dans sa nature

Scénario de Cazenove et William

Dessins et couleurs de William

Bamboo Édition, Charnay-lès-Mâcon, 2016, 46 pages

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