Ouvrir un dialogue

Un texte de Richard Raymond

Photo : François Hogue ®

Photo : François Hogue ®

Ouvrir un dictionnaire, c’est ouvrir un dialogue. C’est entreprendre une discussion avec un ami beaucoup plus savant que soi-même. Et comme cet ami ne peut nous mettre à mal par une maladresse, il est toujours passionnant de se laisser guider par lui pour corriger nos faiblesses ou pour apprendre quelque nouveauté.

Comme ami, Le Petit Larousse illustré est sans doute le plus disert, le plus à l’écoute de nos questions et le plus prompt à y répondre. L’édition 2016 ne fait pas exception.

C’est un ami souriant avec sa couverture attrayante dont le carré fuchsia brillant attire le regard, de même que ses illustrations délicates et la célèbre semeuse dessinée par Eugène Grasset.

En 2016, Le Petit Larousse illustré célèbre ses 111 ans. Il est plus vif, plus jeune que jamais. Les lettrines ont pris un coup de jeunesse : le dessin en est net, la ligne, fine, pure, avec une bordure pour donner l’illusion de la troisième dimension. De plus, elles sont argentées, donnant l’illusion d’avoir été coulées en aluminium.

Ouvrir Le Petit Larousse illustré 2016, c’est naviguer d’un mot à un développement encyclopédique; découvrir un nouveau sens ou une locution qu’on ne connaissait pas. C’est même, si l’on veut, faire une révision de ses connaissances grammaticales. C’est aussi se rappeler, redécouvrir ou simplement apprendre que l’accord du verbe avec un sujet précédé de «la moitié des» ou «le tiers des» se fait indifféremment au singulier ou au pluriel.

LarousseC’est découvrir, au hasard du feuilletage, un nouveau mot ou nouveau sens.

C’est tomber sur un encadré intitulé Le design ou sur la chaîne pétrolière; sur un développement encyclopédique comme La Galaxie, sur une double page consacrée aux nouvelles technologies, à la science-fiction, à la population mondiale ou encore les grands courants littéraires.

Le Petit Larousse illustré 2016 n’ignore aucune sphère du savoir et de l’activité humaine.

L’ami se laisse séduire par une illustration, apprend un nouveau mot, découvre un nouveau mouvement artistique comme l’art pauvre.

Des mots québécois

Cette année encore, des mots du Québec font leur entrée dans le dictionnaire. C’est le cas d’antépisode, de bidou, de breffer, de chansonnier et d’égoportrait. On peut déplorer que la définition du chansonnier québécois comporte une inexactitude. Un chansonnier n’est pas « un artiste qui se produit dans les bars ou lors de petits événements en interprétant des chansons souvent seul à la guitare ».

Gilles Vigneault est un chansonnier. Il est vrai qu’il s’est produit dans des boîtes à chanson, mais il n’a jamais joué de la guitare. De plus, il s’est produit nombre de fois dans de grandes salles comme La Comédie canadienne à Montréal, ou l’Olympia à Paris. Un chansonnier au Québec est ce qu’on appelle en France un auteur-compositeur-interprète, peu importe l’ampleur des salles où il se produit. Certains chansonniers, peu connus, ne font que de petites salles. D’autres, très connus (Jean-Pierre Ferland, Claude Léveillée, Félix Leclerc) ont eu droit à de très grandes salles.

Le plaisir des pages roses

Le Petit Larousse illustré, comme chacun sait, est divisé en trois parties. Les noms communs sont suivis des pages roses.

Que dire des pages roses? C’est du plaisir pur. Plaisir à découvrir ou redécouvrir les locutions latines, grecques et étrangères. Plaisir à lire ou relire les proverbes, sentences et maximes. Plaisir encore à parcourir les mots historiques et les locutions francophones. On constate alors à quel point est dynamique la langue française.

Les noms propres

La troisième partie est consacrée aux noms propres. Là, on peut faire des découvertes surprenantes. Par exemple que le compositeur Frédéric Chopin avait été photographié par L. A. Bisson en 1849. Car cette partie a le mérite de donner un visage à des noms connus, mais qu’on aurait de la difficulté à reconnaître.

Cette année, quatre Québécois entrent dans Le Petit Larousse illustré. Ce sont le dramaturge et scénariste Michel-Marc Bouchard (qui triomphe présentement au Shaw Festival de Niagara-on-the-Lake avec sa pièce The divine), le premier ministre du Québec Philippe Couillard, le pianiste et compositeur Marc-André Hamelin et l’auteur-compositrice-interprète ou chansonnière Linda Lemay.

Voici ce que le dictionnaire crédite à Marc-André Hamelin : «Réputé pour sa virtuosité, l’extrême liberté de ses interprétations et l’étendue de son répertoire, il a aussi contribué à faire redécouvrir des compositeurs méconnus des XIXe et XXe siècle».

Ouvrir Le Petit Larousse illustré 2016, c’est non seulement consulter un ami, mais se faire des amis.

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Une réponse à Ouvrir un dialogue

  1. Jean-Claude Blouin dit :

    Mais quelle belle poésie pour un livre que je trouvais bien prosaïque. Va falloir que j’y retourne.

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