Livres jeunesse : faut-il toujours une leçon?

Un texte de Richard Raymond

Photo : François Hogue ®

Photo : François Hogue ®

Je constate que nombre de livres destinés au jeune public comportent souvent – de plus en plus souvent – une leçon. Leçon de vie, bien évidemment. Qui peut se décliner de toute sorte de façons.

Comme dans le premier album que je présente ici, où les lézards et les rectangles se font la guerre. Deviner ce qui arrive n’est pas bien difficile.

Comme dans le deuxième livre, où des pirates doivent apprendre les bonnes manières à table. Dans ce cas-ci, la finale surprend. Comme dans le troisième album, où un lapin voudrait bien s’endormir sans y parvenir.

Non, dans le quatrième titre, un roman graphique, Billy Stuart ne donne pas de leçon. Peut-être est-ce là la clé de son succès?

Les lézards verts contre les rectangles rouges

lézardsEn ouvrant cet album, on découvre que les lézards verts sont si nombreux qu’ils paraissent envahissants. Normal, ils sont en guerre contre les rectangles rouges. Il faut être nombreux quand on fait la guerre, non ? Chaque groupe essaie de battre l’autre.

Un lézard essaie de faire réfléchir tous ces combattants. Inutile. Ils se battent jusqu’à ce qu’ils tombent de fatigue. Alors un rectangle rouge décrète que ça suffit.

Comment cette histoire se termine-t-elle ? Il faut la lire pour le savoir. Sachez seulement que cet album permettra aux parents d’aborder les notions de guerre ou de querelle avec les enfants de manière ludique et efficace.

Les enfants aimeront le dessin simple et qui parle de Steve Antony de même que la simplicité des trois couleurs, celles du drapeau de l’Italie.

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Les lézards verts contre les rectangles rouges

Steve Antony

Texte français d’Isabelle Montagnier

Éditions Scholastic, Toronto, 2015, non paginé (32 pages)

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Le banquet des pirates

piratesLes pirates de cette histoire ont installé une boîte aux lettres sur la plage dans le but de recevoir du courrier. Mais la plupart ne savent pas lire, ni écrire. C’est samedi, Isia et Tagamel, le cuisiner du bateau de pirates, apportent le courrier. Il y a une lettre pour le capitaine.

C’est le maire de la ville qui invite les pirates à un banquet pour les remercier d’avoir nettoyé la plage.

Isia leur annonce de but en blanc qu’elle leur apprendra les bonnes manières. Et d’essayer de leur expliquer comment se présenteront les couverts. Mais les pirates, sans être bornés, ne comprennent pas grand-chose à son charabia.

Alors Isia écrit huit règles au tableau pour que les pirates aient le temps de les intégrer.

Mais le soir du banquet, rien ne se passe comme l’avait annoncé Isia. Alors elle montre aux pirates la dernière règle.

Au-delà des bonnes manières, cette histoire enseigne qu’il faut s’adapter.

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Le banquet des pirates

Texte de Joanne Gagné

Illustrations de Rémy Simard

la courte échelle, Montréal, 2015, 56 pages

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Le lapin qui veut s’endormir

lapinCet album est le premier titre d’une série publiée à l’origine en Suède, dont l’intention est d’aider les enfants. Les aider à bien dormir, à les rendre conscients de leur propre valeur ou à les préparer à surmonter les obstacles de la vie.

L’auteur, praticien en programmation neurolinguistique, ne ménage pas ses conseils aux parents. Il les prend par la main, pendant deux pages, pour leur dire COMMENT lire ce conte à leurs enfants.

Il écrit, par exemple : « Prenez votre temps en lisant le texte et adaptez votre voix aux événements du récit ». Et encore : « Les textes en caractères gras vous invitent à insister sur certains mots ».

Qu’en est-il du conte ? C’est l’histoire d’un petit lapin appelé Roger « qui voulait vraiment s’endormir, mais il n’y arrivait pas… »

Après mille détours, mille exercices de relaxation, le lapin Roger finit par s’endormir.

Si votre enfant ne s’endort pas, au terme de ce conte, c’est qu’il est parfaitement insensible à la suggestion. Car l’album en est pétri. L’idée de s’endormir là, tout de suite revient une trentaine de fois sous une forme ou une autre. À la longue, ça peut être lassant pour le parent lecteur. Peut-être s’endormira-t-il avant l’enfant…

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Le lapin qui veut s’endormir

Carl-Johan Forssén Ehrlin

Traduit par Linda Thilén, Suzanne Lagroix Kronlund et Elin Sunesson

Illustré par Irina Maununen

Marabout, Paris, 2015, 35 pages

_____________________________________________________________Billy Stuart 10. La déesse de la foudre

billyJ’aime Billy Stuart pour au moins deux raisons. La première, c’est un vrai roman graphique, pas une BD que nombre de chroniqueurs appellent romans graphiques, parce que leur vocabulaire manque de rigueur. La deuxième, c’est une aventure signée Alain M. Bergeron et Sampar.

Car, les deux proposent, chacun à sa façon, une signature que j’aime.

Au fait, si vous ignorez ce qu’est un roman graphique, ouvrez n’importe quel tome des aventures de Billy Stuart.

Billy Stuart et les Zintrépides ont frôlé le désastre quand un tsunami a englouti l’île où ils se trouvaient. Heureusement, Hipparque, un vieux sage, avait fait construire une arche pour sauver les animaux.

Après un voyage de quelques jours, l’arche a accosté sur une terre inconnue. Guidés par les indices du grand-père Virgile, ils s’enfoncent dans l’île.

Avec eux se trouve Grands-Crocs, un tigre à dents de sabre. Ils doivent s’en méfier parce que le tigre a retrouvé ses instincts carnassiers.

Les Zintrépides parviennent à Fulgura, village dont le peuple est terrorisé par la déesse de la foudre. Billy Stuart et ses amis arriveront-ils à suivre la trace de grand-père Virgile tandis qu’ils risquent d’être foudroyés à tout instant ? Et le serpent géant, comment feront-ils pour y échapper ? Et à kappa, un autre monstre ?

L’histoire est palpitante, drôle, percutante, étonnante. Alain M. Bergeron insère, au cours du récit, de l’information ou des explications dans des encadrés. Quant à Sampar, il joue avec les mots en dessinant ceux qui se prêtent au jeu.

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Billy Stuart 10. La déesse de la foudre

Texte d’Alain M. Bergeron

Illustration de Sampar

Éditions Michel Quintin, Waterloo, 2015, 160 pages

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Une réponse à Livres jeunesse : faut-il toujours une leçon?

  1. Alain M. Bergeron dit :

    Bonjour, Richard !
    Merci de vos bons mots pour cette 10e aventure de Billy Stuart ! C’est vraiment du tonnerre de vous lire ! 🙂
    Bon lundi !
    Alain

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